L’ascension du Mont-Dore fait partie des grandes classiques de la randonnée autour de Nouméa. Selon l’itinéraire choisi, par Plum ou par la Corniche, on y croise aussi bien les marcheurs du dimanche que les sportifs venus s’entraîner.
Mais il existe une autre façon de rejoindre les hauteurs du massif : une voie moins fréquentée, plus sauvage et surtout chargée d’histoire, qui emprunte l’ancien sentier muletier de la face nord du Mont-Dore.
Entre vestiges de l’activité minière, maquis, forêt, cairns et panoramas sur Nouméa, cette randonnée nous fait découvrir un tout autre visage de la montagne.
Un ancien sentier muletier marqué par l’histoire du nickel
Le massif du Mont-Dore est intimement lié aux débuts de l’exploitation du nickel en Nouvelle-Calédonie. À partir des années 1870, les prospections se multiplient et la montagne est fouillée à la recherche du précieux minerai.
De nombreux chemins sont alors ouverts pour permettre aux hommes et aux animaux de bât de circuler sur les flancs du massif. Une partie de ces anciens passages subsiste encore aujourd’hui, dont ce sentier muletier parfois appelé « sentier Jules Garnier ».
Le parcours croise également de nombreux cairns et autres traces anciennes d’occupation humaine, qui ajoutent encore à l’intérêt de cette voie beaucoup moins fréquentée que les itinéraires classiques du Mont-Dore.
Départ du Mont Goumba vers la face nord
Nous partons du parking du Mont Goumba. Nous suivons d’abord la petite boucle du sentier de PR, très bien entretenue, avant de rejoindre progressivement l’ancien sentier muletier qui doit nous mener vers les hauteurs du Mont-Dore.


Il a plu la veille et le terrain est glissant. Après avoir traversé une zone de broussailles qui suit la retenue d’eau du lotissement des Bélep, le chemin se dessine plus nettement.


Le fameux Z du sentier muletier
Le sentier poursuit sa progression à flanc de colline jusqu’à un embranchement caractéristique : un enfoncement dans la roche marqué d’un point jaune bien visible.
Il faut alors franchir deux ou trois gros blocs, puis bifurquer immédiatement à droite afin de retrouver le sentier muletier en Z.





À la recherche de la meilleure voie, certains choisissent de monter directement dans la pente, à la verticale de la bifurcation, court-circuitant ainsi une partie du Z.
Une incursion dans la forêt du talweg
D’autres préfèrent explorer le sentier qui part sur la gauche et s’enfonce dans la forêt du talweg.
La végétation y devient beaucoup plus dense et riche en espèces calédoniennes, notamment en Araucaria luxurians. Par endroits, l’ambiance pourrait presque faire croire à une forêt totalement oubliée.
Un important éboulement sur le flanc gauche rappelle cependant que cette zone a elle aussi connu une activité minière ancienne.





Après cette petite exploration, nous rebroussons chemin pour retrouver le Z du sentier muletier, à l’endroit où le groupe s’était séparé.

Sur les traces des anciens mineurs
La montée se poursuit ensuite par une succession de passages rocheux et de traversées de maquis minier.


Nous rencontrons régulièrement des plateformes, des excavations et d’autres traces laissées par l’activité minière.
Difficile de ne pas imaginer les hommes qui parcouraient ces pentes à pied à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ouvrant leurs chemins et creusant le sol avec des moyens qui paraissent aujourd’hui rudimentaires, dans l’espoir de trouver le minerai qui ferait leur fortune.
L’exploitation mécanisée qui leur a succédé a profondément transformé certaines parties du massif, et ses traces restent encore bien visibles dans le paysage.



Panorama sur Nouméa et l’embouchure de la Coulée
Lorsque nous débouchons enfin sur les zones plus dégagées à l’approche du sommet, le paysage change complètement.
La vue s’ouvre largement sur l’embouchure de la Coulée, Boulari et Nouméa. Après la forêt, les passages rocheux et le maquis, le panorama récompense largement les efforts de la montée.
Les cairns des hauteurs du Mont-Dore
Nous prenons également le temps de nous attarder sur un étonnant champ de cairns. Nous en comptons une trentaine dans cette zone.
Un immense cœur formé par un alignement de pierres est manifestement plus récent, mais autour de lui subsistent de nombreux cairns anciens. Certains semblent alignés suivant un axe est-ouest.
Leur fonction exacte reste difficile à déterminer. Leur position dominante offre toutefois une vue particulièrement large sur le lagon et les plaines côtières, jusqu’aux environs de Païta.







Descente du Mont-Dore par le col de Plum
Pour le retour, nous changeons complètement d’itinéraire et descendons par la piste du col de Plum, jusqu’à la fontaine.
Cette traversée permet ainsi de découvrir plusieurs visages du Mont-Dore au cours d’une même randonnée : le vieux sentier muletier de la face nord, les traces minières, la forêt, le maquis et enfin les grands panoramas depuis les hauteurs.



Une autre façon de découvrir le Mont-Dore
Cette montée par la face nord est bien différente des itinéraires les plus connus du Mont-Dore.
Moins fréquentée et parfois moins évidente à suivre, elle permet surtout de parcourir la montagne autrement, en mêlant randonnée, patrimoine minier, botanique et traces d’occupations anciennes.
Un itinéraire qui rappelle que, derrière le sommet familier visible depuis Nouméa, le Mont-Dore conserve encore beaucoup d’histoires et de chemins à découvrir.
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