Mine des Japonais à Goro : randonnée et vestiges à Yaté

Total distance: 7289 m
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À Goro, sur la commune de Yaté, les falaises du Grand Sud abritent les vestiges d’un remarquable site industriel : l’ancienne mine de fer dite « mine des Japonais ». Exploitée à la veille de la Seconde Guerre mondiale, elle conserve encore aujourd’hui de nombreuses traces de son activité minière.

Cette randonnée nous permettra de découvrir la carrière, les anciens systèmes de transport du minerai, les trémies et les imposants portiques installés en bord de mer, tout en profitant de magnifiques panoramas sur le lagon et l’extrême sud de la Grande Terre.

Une randonnée vers la mine des Japonais à Goro

Pour préparer cette randonnée, nous disposions du tracé décrit par Jean-Francis Clair dans son guide Nouvelle-Calédonie Sauvage, ainsi que d’une trace GPX particulièrement utile puisque l’itinéraire n’est pas balisé.

Nous choisissons d’effectuer le parcours dans le sens inverse de celui décrit dans le guide. Notre départ se fait depuis le lieu-dit « l’Homme géant » (NokôKwaca), avec un retour prévu par la route côtière.

Le sentier nous conduit rapidement vers les premiers vestiges. La montée est assez raide et s’effectue par de courts lacets.

Histoire de la mine de fer des Japonais

L’exploitation industrielle du minerai de fer à Goro débute en 1938. Elle est assurée par la Société Le Fer, financée principalement par des capitaux japonais.

Une importante infrastructure minière est alors aménagée en très peu de temps afin d’extraire le minerai sur les hauteurs et de l’acheminer jusqu’aux navires mouillant au pied des falaises.

Kozan Maru ayant transporté du matériel pour la mine de Goro en 1938
Le Kozan Maru, venu livrer un premier chargement de matériel destiné à la mine en 1938

Au pied des falaises se trouvaient notamment les trémies, les bureaux, l’hôpital, la centrale électrique, la boulangerie et le laboratoire. Plus haut étaient installés les logements du personnel, la poudrière, la forge et différents bâtiments techniques.

Les différents niveaux étaient reliés par des sentiers et par un système de transport installé dans la pente. Jusqu’à 1 500 personnes auraient travaillé sur le site au plus fort de son activité.

L’exploitation prend fin en 1941, dans le contexte de l’entrée en guerre du Japon dans le Pacifique et de l’internement puis de la déportation des ressortissants japonais de Nouvelle-Calédonie. Durant ses quelques années d’activité, la mine aura produit plusieurs centaines de milliers de tonnes de minerai de fer.

Installations de la mine des Japonais après la fermeture du site
Un PT45 amarré au portique de l’ancienne mine après sa fermeture

Pour approfondir l’histoire de cette exploitation, on pourra notamment consulter l’ouvrage Chroniques des terres rouges, le Grand Sud calédonien de Jacques Valette.

Les vestiges de la mine des Japonais

Plus de huit décennies après l’arrêt de l’exploitation, de nombreuses installations sont encore visibles. Elles permettent de comprendre le parcours suivi autrefois par le minerai, depuis la carrière jusqu’aux navires.

1. La carrière à ciel ouvert

La carrière constitue la partie la plus haute du site. Creusée à ciel ouvert et aménagée sur plusieurs niveaux, elle s’étend sur plusieurs centaines de mètres au-dessus du littoral.

Ancienne exploitation de minerai de fer de Goro à Yaté

2. Les tapis roulants et les wagonnets

Le minerai extrait sur les différents niveaux de la carrière était acheminé par wagonnets jusqu’à un système de tapis roulants.

3. Le spectaculaire toboggan à minerai

Après le tapis roulant, le minerai rejoignait un imposant double toboggan métallique. Installé à flanc de falaise, celui-ci permettait de faire descendre le minerai de plusieurs dizaines de mètres vers les installations situées près du rivage.

Toboggan métallique de la mine des Japonais à Goro
Ancien toboggan à minerai sur la falaise de Goro

4. Les trémies au pied de la falaise

À l’arrivée du double toboggan, le minerai était réparti dans plusieurs trémies en béton. Un autre dispositif de convoyage permettait ensuite de l’acheminer vers les installations d’embarquement.

5. Les portiques de chargement en mer

Dernière étape du parcours du minerai : les installations situées au bord de l’eau. De grands portiques métalliques permettaient son chargement sur les navires.

Un panorama exceptionnel sur le lagon du Grand Sud

Après avoir exploré les installations côtières, nous rejoignons les niveaux supérieurs de l’exploitation. La vue y est spectaculaire.

Au pied des falaises s’étend le lagon du Grand Sud. Par temps clair, le regard porte très loin vers l’horizon et jusqu’à l’Île des Pins.

Panorama sur le phare et le lagon depuis les hauteurs de Goro

Retour vers la route côtière de Goro

La visite de la mine terminée, nous poursuivons vers le sud par une ancienne piste de prospection minière.

La piste finit par disparaître pour laisser place à un sentier encore visible en direction de la route côtière et du cap de la Reine Charlotte. Certaines portions sont toutefois envahies par la végétation et nécessitent davantage d’attention.

Sentier de retour depuis la mine des Japonais vers la route côtière

Le sentier apparaît nettement sur les portions les plus dégagées. Il longe ensuite la rive droite d’un petit creek, gagne un petit col puis plonge en direction de la route du Grand Sud.

Une fois le goudron retrouvé, nous suivons la route côtière pour rejoindre notre point de départ.

Le cimetière des ouvriers javanais

Sur le chemin du retour, nous découvrons également un petit cimetière comptant une douzaine de sépultures, associé aux ouvriers javanais ayant travaillé sur le site minier.

Une plaque commémorative rappelle leur présence. Face à la mer et au pied des falaises de l’ancienne exploitation, ce lieu apporte une dimension humaine particulièrement forte à la découverte du site.

Plaque commémorative des ouvriers javanais de la mine de Goro

La flore du Grand Sud autour de la mine

Au-delà de son intérêt historique et industriel, cette randonnée permet aussi de profiter de la richesse végétale du Grand Sud calédonien.

Une randonnée entre patrimoine minier et paysages du Grand Sud

La mine des Japonais de Goro est une randonnée vraiment particulière. Elle associe patrimoine industriel, histoire humaine, paysages côtiers et découverte de la flore du Grand Sud.

Il ne s’agit toutefois pas d’un sentier de randonnée classique et balisé. Certaines portions peuvent être difficiles à suivre ou envahies par la végétation. Une trace GPS, une bonne préparation et de bonnes capacités d’orientation sont donc vivement recommandées avant de s’engager sur cet itinéraire.

Avertissement
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2 commentaires :

  1. Bonjour,
    Plusieurs fois, votre blog m’a permis de faire de belles randonnées.
    Je suis intéressée par celle-ci.
    Auriez-vous le contact de Tony? Doit-on faire la coutume?
    Merci pour votre retour!

    • Bonjour, nous n’avons pas le contact téléphonique de Tony. Nous l’avions rencontré sur place sur les recommandations d’un membre de sa famille. Vous pouvez m’appeler au 78 16 83 pour plus de précisions.
      Bonne soirée

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