La forêt des Kaoris à Voh : randonnée à Guadu Dayou

Au cœur de la commune de Voh, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, se cache une magnifique forêt de kaoris accessible depuis la tribu de Ouango. Pendant deux jours, les 25 et 26 septembre 2017, nous sommes partis à pied vers Guadu Dayou, entre savane brûlée par le soleil, rivière Témala, bivouac et forêt humide.

Une randonnée parfois rude, mais surtout une belle aventure au cœur d’une Calédonie sauvage, loin des plages et du lagon.

Guadu Dayou : randonnée vers la forêt des Kaoris à Voh

Total distance: 16876 m
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De la tribu de Ouango à la savane de Voh

Après une demi-heure de voiture le long de la rivière Témala, nous atteignons la tribu de Ouango, où nous attend notre guide Étienne.

Une fois la coutume d’accueil effectuée, nous prenons le sentier vers 13 h 30. Nous progressons à travers une savane écrasée par un soleil ardent et une sécheresse implacable.

Savane sur le sentier entre Ouango et Guadu Dayou à Voh

Les traces d’une ancienne occupation humaine

Le chemin traverse de nombreuses traces et vestiges d’une occupation humaine ancienne, sans doute autrefois très importante.

Au fil de la marche apparaissent de multiples ouvrages en pierre, probablement destinés à la maîtrise de l’eau, mais aussi d’anciens sites de culture, des chemins et des emplacements d’habitations encore visibles aujourd’hui.

Ces vestiges donnent une autre dimension à la randonnée. Nous ne traversons pas seulement un paysage sauvage : nous avançons également dans un territoire profondément marqué par son histoire.

Vestiges d'une ancienne occupation humaine sur le sentier de Guadu Dayou à Voh

Notre bivouac au bord de la rivière Témala

Après environ trois heures de marche et cinq kilomètres parcourus, nous atteignons enfin notre campement, préparé par Étienne.

Campement pendant la randonnée vers la forêt des Kaoris de Voh

Nous découvrons avec plaisir que le site est installé entre la rivière Témala et l’un de ses affluents. Mais avec la sévère sécheresse du moment, les cours d’eau sont pratiquement à leur niveau d’étiage maximum.

L’eau disponible n’est franchement pas très engageante. Heureusement, nous avons prévu des pastilles pour la traiter avant de remplir nos gourdes.

Précaution plutôt bienvenue puisque, un peu plus en amont du campement, nous avions découvert la carcasse d’un cerf en décomposition qui baignait dans une mare du creek !

Creek près du bivouac le long de la rivière Témala à Voh

Malgré ces conditions plutôt rustiques, Jean-François et notre guide réussissent à pêcher quelques carpes, qui viennent agréablement compléter notre repas du soir.

Carpes pêchées pendant le bivouac à Guadu Dayou

À la découverte de la forêt des Kaoris de Guadu Dayou

Le lendemain, dès le lever du soleil, nous reprenons la route à travers une savane déjà brûlante malgré l’heure matinale.

Après environ une heure trente de marche, le paysage commence à changer et nous atteignons enfin la vallée de Guadu Dayou, où se trouve la forêt de kaoris que nous étions venus découvrir.

Après la chaleur sèche de la savane, le contraste est saisissant. Nous pénétrons dans un véritable oasis de fraîcheur, au creux d’une vallée profonde et humide.

C’est ici que poussent les impressionnants kaoris, notamment Agathis moorei. Après les paysages arides traversés depuis la veille, cette végétation dense donne presque l’impression d’entrer dans un autre monde.

Forêt des Kaoris de Guadu Dayou dans la commune de Voh

Une randonnée rude, mais inoubliable

Merci à tous pour cette aventure au cœur de la belle nature de la Calédonie profonde, dont nous avons aussi découvert le côté hostile et rude.

Ce fut rugueux, aride et brûlant, mais aussi une petite étape gastronomique grâce à Jean-François et à ses talents de pêcheur de Thavit.

Nous avons tout de même échappé à l’anguille fumée… mais pas à l’eau douteuse des creeks !

La nuit non plus n’a pas été vraiment tranquille. Nous avons somnolé au son des cris lugubres des chiens sauvages poursuivant de pauvres cerfs affaiblis par la sécheresse et acculés dans les creeks.

Entre la chaleur, la poussière, le bivouac, le manque d’eau et cette magnifique arrivée dans la forêt des Kaoris de Voh, ces deux jours auront été intenses.

Une randonnée exigeante, parfois hostile, mais surtout une expérience dont nous garderons un souvenir très fort.

Avertissement
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