Sur les flancs du massif du Koniambo, à Voh, au fond de la vallée de Taléa, subsistent les vestiges d’un ancien campement minier connu sous le nom de Village des Tonkinois. Cette randonnée nous emmène à la découverte d’un lieu aujourd’hui largement repris par la végétation, mais encore profondément marqué par l’histoire minière de la Nouvelle-Calédonie.
Au fil d’un parcours d’environ 9 km, nous suivrons la rivière Taléa, traverserons une zone riche en végétation et retrouverons les traces d’anciennes infrastructures minières avant d’atteindre les vestiges du village.
Les Tonkinois et l’histoire minière de la Nouvelle-Calédonie
À partir de la fin du XIXe siècle, des travailleurs originaires du Tonkin, région du nord de l’actuel Vietnam, sont recrutés sous contrat pour travailler notamment dans les exploitations minières de Nouvelle-Calédonie.
Leur présence a profondément marqué l’histoire économique et humaine du territoire. Cette histoire est notamment racontée par Jean Van Mai dans son ouvrage Chân Dàng : Les Tonkinois de Calédonie au temps colonial, récompensé par le prix de l’Asie en 1981.
Plusieurs anciens sites miniers conservent encore des traces de cette période, notamment à Tiébaghi ou dans le secteur de la mine Chagrin près de Koumac. Le Village des Tonkinois de Voh, beaucoup moins accessible, se trouve quant à lui dans le massif du Koniambo, au fond de la vallée de Taléa.
C’est sur les traces de ce village que nous sommes partis ce vendredi 12 juillet 2019.
Accès à la vallée de Taléa depuis Voh
L’accès se fait par le CR 23, piste de la vallée de la Coco, que l’on rejoint depuis la RT1 à proximité du secteur de Vavouto.
Nous passons à gué près du pont de l’ancienne voie ferrée de Taléa. Celle-ci était autrefois utilisée pour acheminer le minerai vers le littoral. Pour approfondir l’histoire des chemins de fer miniers calédoniens, on pourra consulter l’ouvrage de Jean Rolland, Les rails calédoniens 1892-1953.
Encore quelques centaines de mètres de piste et nous voilà prêts à commencer notre randonnée.
Randonnée le long de la rivière Taléa
Nous commençons par longer la branche sud de la rivière Taléa. La végétation est dense et le parcours nous plonge rapidement dans l’ambiance particulière de cette vallée du massif du Koniambo.


Les premières traces de l’activité minière
Au fur et à mesure de notre progression, les premiers vestiges apparaissent. Ils rappellent l’activité qui animait autrefois cette vallée aujourd’hui redevenue particulièrement paisible.


Une randonnée dans un secteur riche en botanique
Le patrimoine historique n’est pas le seul intérêt de cette randonnée. Nous remarquons également de nombreux arbres balisés ou étiquetés au bord du parcours, témoignant de l’intérêt botanique de cette zone.



Sur les flancs du massif du Koniambo
Le tracé prend progressivement de la hauteur et permet d’observer les deux versants de la montagne. Les paysages deviennent de plus en plus dégagés à mesure que nous progressons.



Le chemin est parfois escarpé, caillouteux et relativement étroit. Quelques zones meubles demandent un peu plus d’attention, notamment lors des passages sur les pentes.

Les vestiges du téléphérique minier
Plusieurs anciens câbles traversent encore le parcours. Ils appartenaient au système de téléphérique minier utilisé pour acheminer le minerai depuis les hauteurs vers la voie ferrée installée dans la vallée de Taléa.
Ces vestiges industriels donnent une idée des moyens nécessaires autrefois pour transporter le minerai dans un relief aussi accidenté.

Pause à la cascade
Avant de poursuivre vers le village, nous profitons d’une petite pause à proximité d’une cascade sur un affluent de la Taléa sud.


Découverte du Village des Tonkinois à Voh
Le Village des Tonkinois se trouve sur les flancs du Koniambo, côté Voh, au fond de la vallée. Lorsque nous atteignons enfin le site, la végétation a largement repris possession des lieux.
Malgré cela, de nombreux vestiges permettent encore d’imaginer la vie quotidienne de ceux qui travaillaient et vivaient ici pendant la période d’exploitation minière.
Selon la documentation de la Province Nord, le village comprenait notamment des dortoirs, une église et plusieurs habitations, dont la maison du chef de mine. Au plus fort de son occupation, il aurait pu accueillir près de 400 personnes.
Le nom de « Village des Tonkinois » rappelle la présence importante des travailleurs originaires du Tonkin, mais d’autres populations vivaient également sur le site.








Un patrimoine historique du massif du Koniambo
La Province Nord a consacré plusieurs pages au Village des Tonkinois dans sa documentation sur le patrimoine de Vook (Voh), avec notamment des illustrations et une représentation du campement de l’époque.
Consulter la brochure « Il fait partie de mon histoire – Commune de Vook (Voh) » de la Province Nord.
Cette documentation permet de mieux comprendre le rôle du village, son organisation et la place des travailleurs engagés dans l’exploitation du massif du Koniambo.
Retour par la vallée de Taléa
Après une pause déjeuner au bord de la rivière Taléa, nous quittons le village pour reprendre le même itinéraire en direction de notre point de départ.
Une randonnée entre nature et histoire à Voh
La randonnée vers le Village des Tonkinois de Voh combine deux intérêts particulièrement complémentaires : une marche dans un environnement naturel et botanique remarquable, et la découverte d’un pan important de l’histoire minière et humaine de la Nouvelle-Calédonie.
Le chemin est parfois escarpé et certaines portions demandent de l’attention. Lors de notre sortie en 2019, l’accès à la zone de départ nécessitait également un véhicule 4×4. Les conditions de piste pouvant évoluer, il est préférable de se renseigner sur l’état des accès avant de partir.
Avertissement
La pratique de la marche, de la randonnée et du trekking comporte des risques inhérents à ces activités. Nous vous recommandons donc la plus grande prudence dans l'interprétation et l'utilisation des données fournies dans ce blog. Malgré tout le soin accordé à leur exactitude, les informations fournies par ce blog ne pourront en aucun cas engager la responsabilité de son auteur; Par ailleurs, les personnes qui participent au blog et au site déclinent toute responsabilité en cas d’accident et ne pourront être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit.