Faire le chemin de la rivière des kaoris baie du Carénage c’est aller sur les traces du bagne forestier , des bûcherons et des bagnards de Prony. Cette exploitation du bois a prospéré jusqu’en 1910 pour être remplacée bien plus tard par l’ exploitation minière. De 1870 à 1910, dans ces 3000 hectares, les pins colonnaires , Kaoris, Chênes gommes seront découpés, plongés dans l’eau saumâtre puis séchés pour répondre aux besoins de la colonie, de Port de France (Nouméa) et de Napoleonville (Canala).
Des rails en bois constituent alors le chemin de halage. En 1907 , le départ de la pénitentiaire effectué , Lucien Bernheim exploitera un gisement de chrome sur les hauteurs , la mine Anna-Madeleine, et « du point de départ de la mine une voie ferrée longue de 17 km, une petite locomotive tire les wagonnets chargés jusqu’à une plateforme surplombant la baie des Kaoris. Là , à 60 mètres au -dessus de la mer , une descente aménagée dans les latérites offre deux jeux parallèles de rails. Les wagonnets chargés sont dételés de la locomotive, accrochés à un cable de « va-et -vient » terrestre pour rejoindre le wharf de chargement situé baie du Carénage »(Luc Chevalier) (1) . La mine sera fermée en 1927.Après la seconde guerre mondiale le minerai de fer sera exploité et exporté du wharf de la baie du Carénage puis de la baie de Prony.
Un parcours qui permet également de traverser de belles forêts humides et de profiter des magnifiques trous d’eau de la rivière des kaoris.

En arrivant par la route de Yaté et de La Madeleine , nous empruntons la route du déversoir en direction de l’usine . Arrivés au point de stationnement des voitures , nous commençons notre circuit par une descente vers la baie du carénage en suivant la piste de VTT (CR7, VTT n°7), une voie large et en bon état. De ce fait , Il faut être prudent , le croisement de VTTistes est toujours possible.


Le panorama est déjà magnifique, devant nous la baie et , sur notre gauche , celui en contrebas de la forêt humide. L’occasion aussi de s’arrêter devant des pieds de Montrouziera sphaeroidea en boutons , typiques de massifs miniers. Plus bas , sur la gauche , une grande doline sert de miroir à la blancheur des nuages et au bleu du ciel. .

Après 35 minutes de descente et 3 kms , un point de vue surplombant la baie du Carénage. A l’abri , quelques voiliers semblent figés. Nous apercevons des sources d’eau chaude émergentes à droite de la baie.
Une fois arrivés au niveau de la mer , un panneau informe sur le sentier à destination de la source thermale des kaoris. Nous sommes à 4 kms de la source. Nous empruntons la piste du carénage. Le sentier est plus resserré que notre chemin de descente mais bien aménagé , en sous-bois, largement praticable, agrémenté de vues de toute beauté sur le lagon à notre droite et de zones inondées.


Un panneau nous indique le « ruisseau des pépites », quelques grains d’or y auraient été trouvés. Un autre nous informe de l’ancien emplacement du village pénitencier, un peu à l’écart de notre chemin.


Nous croisons les ruines d’anciennes constructions de la pénitencière, en pierres et en briques. « Terre d’énigme » écrira Luc Chevalier en exprimant sa perplexité devant certains vestiges de la présence humaine dont nous ne possédons aucune information.



Au bout de 7 kms nous prenons sur la gauche pour remonter le long de la rivière des Kaoris, le sentier est en parallèle de la rive droite.
Nous prenons le temps d’admirer une belle orchidée (Megastylis gigas), des pandanus autochtones (Pandanus tectorius) et de fascinantes fleurs d’Amyéma (Amyema scandens) , en guirlandes sur leurs tiges d’hôtes, une « explosion de l’inflorescence en feu d’artifice » (B. Suprin) (2)



Le chemin reste largement praticable, bien que plus abimé et raviné, parfois il faut contourner par les rochers le long de la rivière, un exercice de précision et d’équilibre sur les cailloux , même par temps sec. Nous trouvons en chemin la ferraille de vestiges miniers mais aussi certaines sculptures naturelles énigmatiques. Un rare araucaria nous fait l’honneur de sa présence.


Avant le déjeuner , quelques-uns profitent d’un des magnifiques trous d’eau de la rivière des kaoris avant de se trouver un coin à l’ombre pour le casse-croûte.


Nous sommes alors au pied de ce que l’on nomme « le site du toboggan » , un court mais conséquent dénivelé qui nous mène à un superbe panorama (22°17’1’’ sud, 166°52’21’’ est, 159 m). De là nous rejoignons ,au bout de 3 kms , la route du déversoir où nous avons laissé un véhicule. .


Nous avions parcouru 11.5 kms.
Un itinéraire sans grandes difficultés, propre, mais qui sollicite les articulations par moments. Il permet de profiter des couleurs du sud, de sa biodiversité terrestre et marine exceptionnelle, de ses baies et de son histoire en prenant le temps d’apprécier.
- Terre de fer et de jade. De la baie de Prony …à l’ile Ouen. Éditions du Cagou. Nouméa. 1996.
- Florilège des plantes. T2. Bernard Suprin. 2011
Avertissement
La pratique de la marche, de la randonnée et du trekking comporte des risques inhérents à ces activités. Nous vous recommandons donc la plus grande prudence dans l'interprétation et l'utilisation des données fournies dans ce blog. Malgré tout le soin accordé à leur exactitude, les informations fournies par ce blog ne pourront en aucun cas engager la responsabilité de son auteur; Par ailleurs, les personnes qui participent au blog et au site déclinent toute responsabilité en cas d’accident et ne pourront être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit.